Top 8 des bars cachés de Paris (2026)

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    Rédacteur en chef et responsable de publication

Lassé(e) des pubs irlandais et des cocktails en rooftop ? Paris recèle de speakeasies et bars cachés ici et là. Tout commence par une façade qui ment. Une pizzeria ou un salon de coiffure qui tournent réellement et qui servent de devanture à une salle dont rien n’indique l’existence depuis le trottoir. Le plus difficile dans tout ça ? Oser pousser la porte devant des gens qui mangent ou se font coiffer.

Le genre s’est installé dans la capitale au début des années 2010, importé de New York. Quinze ans plus tard, on en compte plusieurs dizaines et le mot speakeasy est devenu un label commercial, même s’il n’a rien d’une véritable référence historique.

Victime de son succès, le concept souffre de sa banalisation. Beaucoup de caves repeintes en noir se présentent aujourd’hui comme des lieux secrets sans rien cacher du tout. Et l’on a cherché à éviter ça. Découvrez des recommandations de lieux qui valent vraiment le détour. Pour boire heureux, buvons cachés !

1. Moonshiner : le speakeasy de la chambre froide

Balise alt	Comptoir du Moonshiner à Paris, éclairé en jaune derrière des plantes et des accessoires de bar
Source : Moonshiner

Le Moonshiner est le speakeasy que tout le monde cite en premier. Et on pense qu’il le mérite. Rue Sedaine, dans le 11e, à deux pas de Bastille. Ouvert en 2013 par l’équipe derrière le Dirty Dick et l’Orange Mécanique, il a imposé le format à Paris avant que la ville n’en compte des dizaines. Le rituel n’a pas changé depuis : on entre dans la pizzeria Da Vito, on traverse la salle sous le regard des clients attablés, on pousse la lourde porte métallique de la chambre froide.

Derrière, une salle étroite en Art déco, une lumière très basse, un fumoir et une carte de whiskies qui dépasse les quatre-vingts références. Le seul défaut du lieu est sa taille. Une demi-heure après l’ouverture, en fin de semaine, toutes les places assises sont prises.

  • Le concept : L’un des plus anciens speakeasies parisiens encore en activité, signé par une équipe qui a essaimé dans toute la ville.
  • L’accès : Traversez la pizzeria Da Vito jusqu’au fond, puis poussez la porte métallique de la chambre froide.
  • L’ambiance : Un décor Art déco tenu dans une lumière très basse, avec un fumoir attenant. Le jazz couvre les conversations.
  • Idéal pour : Un premier verre à deux ou à quatre, dès 19 h si vous tenez à vous asseoir.

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2. Candelaria : le pionnier caché du Marais

Balise alt	Bar de la Candelaria à Paris, avec rangées de bouteilles rétroéclairées et petites bougies
Source : Spirited Drinks / Candelaria

C’est ici que tout a commencé. En 2011, Carina Soto Velasquez et Josh Fontaine, tous deux passés par l’Experimental Cocktail Club, ouvrent une micro-taqueria rue de Saintonge, dans le haut Marais et installent derrière une porte aveugle un bar à cocktails tourné vers l’agave. Quinze ans plus tard, l’équipe a essaimé avec le Mary Celeste et La Renaissance, et le scénario d’origine tient toujours.

On se fraie un chemin entre les amateurs de tacos, on pousse la porte du fond et on débouche dans une salle en pierres grattées éclairée à la bougie. La carte des cocktails est renouvelée tous les deux ou trois mois, ce qui explique que l’adresse n’ait jamais viré au musée d’elle-même. La Guêpe Verte, à la tequila et au piment, reste la signature de la maison.

  • Le concept : Le pionnier du bar caché parisien, spécialisé dans l’agave et référencé au 50 Best Discovery.
  • L’accès : Une taqueria d’une dizaine de places en façade, puis une porte sans aucune indication au fond de la salle.
  • L’ambiance : Des murs en pierres apparentes éclairés à la bougie. La salle est petite et les DJ prennent le relais en soirée.
  • Idéal pour : Enchaîner tacos et cocktails sans changer d’adresse, ou emmener quelqu’un qui pense connaître le Marais.

3. Gentlemen 1919 : le bar du barbershop

Balise alt	Comptoir rétro de Gentlemen 1919 à Paris, avec étagères de spiritueux, cuivre et lampes articulées
Source : Fresh Mag Paris / Gentlemen 1919

Le dispositif est le plus improbable de la sélection. On entre dans un salon de barbier en plein service, fauteuils en cuir et odeur de baume à barbe, on traverse la salle jusqu’à une porte du fond, puis un sas étroit et sombre d’un mètre cinquante. Au bout se trouve un bar, pour boire un verre à quelques minutes à peine des Champs-Élysées.

La maison joue la carte de la rigueur plutôt que celle du décorum. Le comptoir fonctionne comme une cuisine ouverte avec huit places face aux barmen. Le petit plus : l’accueil qui tient du petit cérémonial. Le fumoir compte une douzaine de places, dispose de sa propre ventilation et d’une cave à cigares dédiée aux classiques cubains. Vous pouvez apporter le vôtre ou en acheter sur place.

  • Le concept : Un barbershop haut de gamme qui abrite un bar à cocktails et un fumoir. Référencé au Pinnacle Guide.
  • L’accès : Traversez le salon en activité, puis franchissez la porte du fond et le sas sombre qui suit.
  • L’ambiance : Du laiton et du chêne, avec des fauteuils club. Le volume sonore reste assez bas pour qu’on s’entende.
  • Idéal pour : Une fin de soirée posée, ou les amateurs de cigare qui ne veulent pas subir un trottoir.

4. Baranaan : le train de la prohibition indienne

Source : Condé Nast Traveler / Baranaan

Voilà le seul de la liste qui ne rejoue pas Chicago en 1925, et on adore. Baranaan part d’une autre prohibition, celle qui reste en vigueur dans certains États indiens, et la transpose dans un wagon. La façade, dans le 10e près de la porte Saint-Martin, est un café indien sans signe particulier. Une porte dissimulée au fond ouvre sur un couloir aux odeurs de patchouli, puis sur la salle.

Le décor imite un train en marche, avec des paysages qui défilent sur des écrans latéraux et une bande-son bollywoodienne. La carte associe des cocktails aux liqueurs indiennes et une cuisine de partage, naans sortis du four tandoor en tête. C’est la seule adresse de cette sélection où l’on peut réellement dîner sans quitter le bar, ce qui règle la question du ravitaillement de fin de soirée.

  • Le concept : Un train de la prohibition indienne où les cocktails aux liqueurs indiennes accompagnent une carte de street food.
  • L’accès : Un café indien en façade, puis une porte dissimulée au fond qui ouvre sur un passage aux odeurs de patchouli.
  • L’ambiance : Un décor de wagon où les paysages défilent sur les écrans latéraux. Places comptées, venez tôt à plus de deux.
  • Idéal pour : Dîner et boire au même endroit, ou un groupe lassé des reconstitutions années 1920.

5. No Entry : le bar secret du Pink Mamma

Salle rose du No Entry sous Pink Mamma, entourée de dames-jeannes fleuries et de banquettes en velours
Source : © Big Mamma

Deux semaines après l’ouverture du Pink Mamma à Pigalle en 2017, le groupe Big Mamma inaugurait un bar au sous-sol de ses sept cent vingt mètres carrés, dans le 9e. No Entry se trouve au bout du couloir qui longe la chambre froide, sans la moindre signalétique. Inutile de chercher longtemps : demandez à l’accueil, on vous oriente discrètement.

La salle a été dessinée par Martin Brudnizki et tient autant du boudoir en velours que de l’herboristerie, avec ses grandes dames-jeannes fleuries dans lesquelles macèrent plus de trois mille litres d’alcool. C’est le plus fréquenté de la sélection, conséquence directe de sa notoriété et de l’absence de réservation. Prévoyez une file d’attente dès 20 h le week-end et un dîner à l’étage pour patienter.

  • Le concept : Le bar caché du Pink Mamma, exploité par le groupe Big Mamma. Infusions maison dans des dames-jeannes.
  • L’accès : Au sous-sol, au bout du couloir de la chambre froide. Demandez à l’accueil, qui vous oriente.
  • L’ambiance : Un boudoir en velours à l’allure d’herboristerie, signé Martin Brudnizki. Souvent bondé.
  • Idéal pour : Prolonger un dîner à Pigalle, ou tester un bar caché sans rien avoir à réserver.

6. Le 1905 : l’appartement caché du Marais

Salon sombre du bar Le 1905 à Paris, décoré comme un cabinet de curiosités avec tapis et fauteuils
Source : Le 1905 / La Rétropolitaine

Aux Vins des Pyrénées est une institution de la rue Beautreillis, fondée en 1905 par un ingénieur catalan qui avait fait fortune dans le vin. Au-dessus du bistrot, une même famille a occupé l’appartement pendant trois générations, de 1905 à 1997. C’est cet appartement qui est devenu un bar lors de la reprise de la maison en 2017.

Le résultat ne ressemble à aucun autre lieu de cette liste. On y entre par un escalier dérobé à droite de la façade, et on se retrouve dans quelque chose qui tient de l’appartement anglais des années 1930 et du cabinet de curiosités : du mobilier chiné sous des luminaires Art déco. S’y ajoutent une terrasse et un fumoir. La rue ajoute une couche de mythologie, Baudelaire ayant vécu au 22 et Jim Morrison au 19, selon l’historique publié par la maison.

  • Le concept : L’ancien appartement des propriétaires, transformé en bar à cocktails au-dessus d’un bistrot de 1905.
  • L’accès : Un escalier dérobé à droite de la façade, ou l’escalier intérieur depuis la salle du restaurant.
  • L’ambiance : Appartement anglais croisé avec un cabinet de curiosités. Terrasse végétale et fumoir à l’étage.
  • Idéal pour : Un rendez-vous, ou une soirée d’été sur l’une des terrasses les plus discrètes du 4e.

7. Danico : derrière le rideau de velours

Comptoir en marbre du Danico à Paris, avec fauteuils en velours vert et grande baie vitrée
Source : Daroco / Danico

Danico, rue Vivienne dans le 2e, est le seul de cette liste où le dispositif caché passe clairement au second plan. On y vient pour ce qu’il y a dans le verre. Ouvert en 2016 par Nico de Soto, le bar est classé trentième au World’s 50 Best Bars et développe depuis 2023 le concept Xplorer, une série de cartes tirées des voyages du barman.

L’entrée du soir passe par le Daroco Bourse, une trattoria installée dans les anciens ateliers de Jean Paul Gaultier, puis derrière un grand rideau de velours. Le contraste est brutal : on quitte une salle bruyante pour un duplex de quarante-cinq places où le comptoir en marbre répond aux fauteuils en velours amande. En journée, une entrée existe côté Galerie Vivienne. De juin à septembre 2026, la maison fête ses dix ans avec un menu anniversaire de trente cocktails puisés dans ses archives.

  • Le concept : Le repaire de Nico de Soto, classé trentième au World’s 50 Best Bars. Menu des dix ans jusqu’en septembre 2026.
  • L’accès : Le soir par le restaurant Daroco puis derrière un rideau de velours. En journée, côté Galerie Vivienne.
  • L’ambiance : Un duplex de quarante-cinq places dont le comptoir en marbre occupe le centre. Feutré malgré l’affluence.
  • Idéal pour : Les amateurs de cocktails pointus, ou une soirée où la carte compte plus que la mise en scène.

8. Le Très Particulier : le jardin secret

Salon rouge du Très Particulier à Montmartre, ouvert sur une verrière végétale au sol en damier
Source : Hôtel Particulier Montmartre / 84 Rooms

Dernière adresse et seule exception de la sélection : celle-ci ne descend pas sous terre. Le lieu caché est un jardin, en plein 18e, invisible depuis la rue malgré sa taille. Vous êtes sans doute déjà passé devant le portail vert du 23 avenue Junot en montant vers la place du Tertre sans imaginer ce qu’il y a derrière.

Le parcours fait partie de l’expérience. On sonne à l’interphone, puis on remonte une allée privée le long du boulodrome de Montmartre. Un second portail ouvre enfin sur les jardins de l’Hôtel Particulier. Le bar prolonge le jardin sous une verrière, avec un papier peint qui met en scène un jardin d’Eden. Le velours rouge y répond à une végétation dense. DJ du jeudi au samedi, et aucune réservation possible.

  • Le concept : Le bar de l’Hôtel Particulier Montmartre, dissimulé au fond d’une voie privée de l’avenue Junot.
  • L’accès : Un portail avenue Junot, un interphone, puis une allée privée qui longe le boulodrome de Montmartre.
  • L’ambiance : Une verrière et un papier peint façon jardin d’Eden, dans lesquels le velours rouge domine. DJ du jeudi au samedi.
  • Idéal pour : Une fin de journée d’été au jardin, sans avoir à descendre dans une cave.

Comment entrer dans un speakeasy à Paris

Les codes sont moins mystérieux que la mise en scène le laisse croire. Aucun de ces lieux ne fonctionne au mot de passe ni ne filtre à l’entrée. Le personnel de la devanture est là pour vous orienter si vous le sollicitez. La vraie difficulté est ailleurs : ces salles sont petites, et l’heure d’arrivée compte plus que tout le reste. Quatre repères suffisent.

  • Arrivez tôt : Ces salles comptent entre quarante et cinquante places. Dès 20 h en fin de semaine, la file commence.
  • Vérifiez la réservation : Trois adresses de cette sélection n’en prennent aucune. Les autres oui, avec des systèmes différents.
  • Demandez simplement : Aucun de ces lieux ne demande de mot de passe. La devanture vous oriente si vous posez la question.
  • Prévoyez le budget : Ce sont des bars à cocktails de centre-ville. Les cartes sont publiées sur la plupart des sites officiels.

Un dernier point sur le vocabulaire. Speakeasy est ici une appellation commerciale et non une référence documentaire. La Prohibition américaine s’est jouée aux États-Unis entre 1919 et 1933, et aucun de ces bars n’a servi d’alcool en douce à cette époque. Ce sont des décors, très bien faits pour certains. Personne n’attend de vous que vous jouiez le rôle.

Organiser sa soirée dans un lieu privatisé

Source : Peerspace

Le bar caché a une limite structurelle : il est petit par construction. La confidentialité tient au format, rarement plus d’une cinquantaine de places. C’est exactement ce qui coince dès qu’il faut réunir du monde à une date fixe. Anniversaire ou soirée d’entreprise, la contrainte revient toujours au même moment.

Première option : écrire directement aux établissements. Plusieurs acceptent des groupes sur devis, voire des privatisations.

Deuxième option, prendre le problème par l’autre bout. Plutôt que de chercher une porte dérobée capable d’accueillir votre groupe, vous fabriquez le décor et vous en gardez la clé. Peerspace propose des bars à louer à Paris ainsi que des salles pour cocktail à Paris et des petits lieux de fête parisiens. Ces espaces vont des caves voûtées aux appartements atypiques et se réservent à l’heure plutôt qu’à la soirée entière.

L’avantage, c’est le contrôle. Vous fixez l’horaire et la carte, sans dépendre du taux de remplissage d’une salle de quarante places ni de l’humeur d’une file d’attente un samedi soir. Et la mise en scène, elle, se construit : une cave voûtée et un éclairage bas produisent le même effet que n’importe quelle porte dérobée. À vous de voir si vous préférez chercher les adresses existantes ou ouvrir la vôtre depuis les espaces à louer à Paris.

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